PEA, assurance-vie, CTO : choisir ses enveloppes
Avant de choisir quoi acheter, choisis où le loger : PEA, assurance-vie ou CTO. La différence se joue sur les impôts et peut te faire gagner des milliers d'euros. Décryptage simple des trois enveloppes.
Au programme de ce cours
- 1. L'enveloppe fiscale : le contenant, pas le contenu
- 2. Le PEA : le champion fiscal des actions… avec des conditions
- 3. L'assurance-vie : le couteau suisse souple
- 4. Le CTO : la liberté totale, la fiscalité pleine
- 5. La stratégie classique : « prendre date » tôt, même avec 100 €
- À retenir
- Exercice
Tu sais ce qu'est un ETF et comment le choisir. Reste une question que presque tous les débutants zappent — et qui peut valoir des milliers d'euros : où vas-tu le loger ? Car en France, le même ETF, avec la même performance, peut être imposé à 30 %… ou presque pas, selon le compte dans lequel il se trouve. À la fin de ce cours, tu connaîtras les trois grandes enveloppes françaises — PEA, assurance-vie, CTO — et la stratégie toute simple pour ne pas perdre d'années fiscales.
1. L'enveloppe fiscale : le contenant, pas le contenu
Une enveloppe fiscale, c'est un type de compte avec ses propres règles d'impôt. Retiens l'image : l'enveloppe est le contenant (le compte et sa fiscalité), l'investissement est le contenu (les ETF, actions ou fonds que tu mets dedans).
Le contenu détermine ta performance brute. Le contenant détermine ce qu'il t'en reste après impôts. Deux personnes qui achètent exactement le même ETF Monde peuvent garder des sommes très différentes à l'arrivée, uniquement à cause de l'enveloppe choisie. C'est pour ça qu'on choisit l'enveloppe avant de choisir les produits — et pas l'inverse.
Suivons Hugo*, 27 ans, 8 000 € de côté, qui veut investir pour du long terme. Passons les trois enveloppes en revue avec lui. Les taux cités sont ceux en vigueur aujourd'hui — la fiscalité peut évoluer avec les lois de finances.
2. Le PEA : le champion fiscal des actions… avec des conditions
Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) est une enveloppe créée pour encourager l'investissement en actions. Ses règles :
- Ce qu'on peut y mettre : des actions d'entreprises européennes et des fonds/ETF éligibles — y compris, on l'a vu au cours précédent, des ETF synthétiques qui répliquent le S&P 500 ou le MSCI World. Le PEA peut donc contenir « le monde entier », pas seulement l'Europe. - L'avantage fiscal : après 5 ans de détention du plan, les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu. Restent dus les prélèvements sociaux de 17,2 % (la contribution qui finance la protection sociale). Au lieu de 30 % d'imposition, tu tombes à 17,2 % sur tes gains. - Le plafond : 150 000 € de versements (l'argent que tu déposes). Les gains, eux, peuvent faire grossir le plan au-delà sans limite. - Les contraintes : un seul PEA par personne, et un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan (avec imposition des gains à 30 %). Après 5 ans, tu retires ce que tu veux, quand tu veux, sans fermer le plan.
Pour Hugo, qui vise un horizon de 15 ans ou plus sur des ETF actions, le PEA est l'enveloppe naturelle à examiner en premier : c'est là que la fiscalité sur les gains d'actions est la plus douce.
3. L'assurance-vie : le couteau suisse souple
Malgré son nom trompeur, l'assurance-vie n'est pas (principalement) une assurance décès : c'est une enveloppe d'épargne très polyvalente :
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