Les bases du trading

Slippage

Différence entre le prix demandé et le prix réellement exécuté. Coût quasi inévitable en cas de forte volatilité ou de faible liquidité.

Le slippage est l'écart entre le prix auquel tu voulais être exécuté et celui auquel tu l'as réellement été. Il frappe les ordres au marché et les stops : entre le moment où ton ordre part et son exécution, le prix a bougé, ou la liquidité disponible au premier niveau était insuffisante et ton ordre a consommé plusieurs niveaux du carnet.

En pratique : ton stop loss est à 19950 sur le NQ. Une annonce surprise fait décrocher le marché : le prix saute de 19952 à 19945 sans coter les niveaux intermédiaires. Ton stop s'exécute à 19945, soit 5 points (100 $ par contrat) de plus que prévu. Sur une année de trading actif, le slippage cumulé peut représenter plusieurs pourcents de performance — c'est un coût réel à intégrer dans tout backtest sérieux, au même titre que spread et commissions.

L'erreur classique : backtester avec exécution parfaite au prix théorique, puis s'étonner que le réel fasse moins bien. Règle prudente : ajoute systématiquement 1 tick de slippage par ordre dans tes simulations (davantage pour les stratégies de news ou sur actifs peu liquides). Si la stratégie ne survit pas à cette friction, elle ne survivra pas au réel.

Exemple chiffré : une stratégie NQ risque 5 points (100 $) par trade. En backtest, elle gagne en moyenne 0,15R par trade, soit 15 $. Sur 400 trades par an, ça fait 6 000 $ par contrat. Ajoute 1 tick de slippage à l'entrée et 1 à la sortie : 2 × 5 $ = 10 $ par trade. L'espérance tombe à 5 $ par trade, soit 2 000 $ sur l'année : les deux tiers du résultat ont disparu.

Ajoute les commissions, et il ne reste presque rien. La stratégie n'était pas mauvaise sur le papier : elle était trop fine pour les coûts réels. C'est exactement ce que le test avec slippage doit révéler avant de risquer de l'argent.

Questions fréquentes

Le slippage peut-il être positif ?

Oui. Si le prix bouge en ta faveur entre l'envoi de l'ordre et son exécution, tu peux être servi à un meilleur prix que prévu. C'est plus rare que le slippage négatif sur les stops, parce qu'un stop se déclenche justement quand le prix part contre toi. Un ordre limite, lui, n'a jamais de slippage négatif : il est exécuté à ton prix ou mieux.

Comment réduire le slippage ?

Entre en ordre limite quand ton entrée n'est pas urgente. Évite de trader dans les minutes qui entourent les grosses annonces. Privilégie les heures liquides de ton actif. Fractionne les grosses tailles, ou réduis-les. Pour les stops, le stop limite plafonne le prix mais peut ne pas être exécuté : sur un stop de protection, ce risque est souvent pire que le slippage.

Quelle différence entre slippage et spread ?

Le spread est l'écart affiché entre le meilleur acheteur et le meilleur vendeur avant ton ordre : tu le connais à l'avance. Le slippage est l'écart entre le prix que tu attendais et celui que tu as réellement obtenu : tu ne le découvres qu'après l'exécution. Les deux sont des coûts de transaction, à intégrer ensemble dans tout backtest.

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