Skew (volatilité)
Asymétrie de la volatilité implicite entre strikes : les puts coûtent plus cher que les calls sur indices. Sa déformation révèle le sentiment.
Le skew décrit l'asymétrie de la volatilité implicite selon les strikes : sur les indices actions, les puts hors de la monnaie se paient structurellement plus cher (en IV) que les calls équivalents — héritage du krach de 1987 et de la demande permanente de protection. La « courbe de vol » penche : c'est le smirk. Mesurer le skew, c'est mesurer le prix relatif de la peur de la baisse.
En pratique : c'est la déformation du skew qui informe. Un skew qui se raidit (les puts s'enchérissent relativement) = la demande de couverture monte, souvent avant ou pendant les phases de stress. Un skew qui s'aplatit alors que le marché monte = complaisance, plus personne ne paie pour la protection — configuration historiquement fragile. Cas particulier parlant : un skew inversé côté calls (les calls plus chers que les puts) signale une course à la hausse — typique des phases de squeeze ou des sous-jacents à forte spéculation haussière. Les vendeurs de prime exploitent le skew en vendant le côté cher (put spreads sur indices).
L'erreur classique : lire le skew comme un indicateur directionnel simple (« skew élevé = ça va baisser »). Le skew élevé peut au contraire accompagner des marchés très résilients — tout le monde étant déjà couvert, les chocs sont absorbés. Comme le P/C ratio, il se lit en variation et en extrêmes, dans un faisceau d'indices de sentiment, jamais seul.
Exemple chiffré : SPX à 5800, échéance 30 jours. Le put de strike 5510 (5 % plus bas) se traite avec une volatilité implicite de 22 %, le call de strike 6090 (5 % plus haut) avec 14 %. L'écart, ou skew, est de 22 − 14 = 8 points de volatilité.
Une semaine plus tard, le put à même distance est à 26 % et le call toujours à 14 % : le skew passe à 12 points. La protection contre la baisse s'est renchérie de 4 points de volatilité, alors que la volatilité des calls n'a pas bougé. C'est un raidissement : la demande de couverture monte, même si le prix n'a peut-être encore presque rien fait.
Questions fréquentes
Pourquoi les puts sont-ils plus chers que les calls sur les indices ?
Parce que la demande de protection est permanente. Les gérants qui détiennent des actions achètent des puts pour limiter leurs pertes en cas de baisse, et les baisses d'indices sont historiquement plus brutales que les hausses. Les vendeurs de ces puts exigent donc une volatilité implicite plus élevée pour porter ce risque. Sur les indices, cette asymétrie est quasi permanente.
Qu'est-ce que l'indice SKEW du CBOE ?
C'est un indice calculé à partir des options hors de la monnaie du S&P 500. Il mesure le prix que le marché accorde aux mouvements extrêmes à la baisse, au-delà de ce que capte le VIX. Il évolue en général entre 100 et 150, parfois au-delà. Une valeur haute signale une forte demande de protection contre les chocs, pas une baisse annoncée.
Quelle différence entre skew et smile de volatilité ?
Le smile désigne une courbe en U : les options loin de la monnaie, à la hausse comme à la baisse, ont une volatilité implicite plus élevée que celles à la monnaie. On l'observe sur certaines devises ou actions avant un événement. Le skew désigne une courbe penchée d'un côté, typique des indices actions où les puts dominent : on parle aussi de smirk.
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