Options & Gamma

Gamma squeeze

Boucle auto-entretenue : les achats massifs de calls forcent les dealers à acheter le sous-jacent, ce qui fait monter le prix, qui force encore plus d'achats.

Un gamma squeeze est une boucle de rétroaction haussière déclenchée par le marché des options : des achats massifs de calls obligent les dealers (vendeurs de ces calls) à acheter le sous-jacent pour se couvrir ; ces achats font monter le prix, ce qui augmente le delta des calls, ce qui force les dealers à acheter encore plus. La couverture devient le carburant du mouvement — le prix se décorrèle temporairement de tout fondamental.

En pratique : les squeezes les plus spectaculaires ont eu lieu sur des actions à faible flottant (GameStop en janvier 2021 : la conjonction d'un short squeeze et d'un gamma squeeze), mais le mécanisme opère aussi sur les indices, en version diluée, les jours de forte activité 0DTE : une rafale d'achats de calls courts peut propulser le NQ à travers plusieurs niveaux en dehors de toute nouvelle. Signes avant-coureurs : volumes de calls anormaux sur des strikes proches, prime des options qui explose, open interest qui gonfle à des strikes de plus en plus hauts. Le squeeze se termine souvent aussi vite qu'il a commencé — à l'expiration ou quand les acheteurs de calls prennent leurs profits, la couverture se déboucle et le prix retombe.

L'erreur classique : shorter « l'absurdité » en plein squeeze. Le squeeze est précisément le moment où le prix peut rester irrationnel plus longtemps que ton compte ne peut rester solvable — les rachats forcés ne s'arrêtent pas parce que « c'est trop cher ». On ne se met pas devant une boucle de rétroaction ; on attend qu'elle s'épuise (volumes de calls qui se tarissent, échec sous un sommet) avant d'envisager le retour.

Exemple chiffré : une action cote 50 $. Les dealers ont vendu 10 000 calls de strike 55, soit 1 000 000 d'actions sous-jacentes. Avec un delta de 0,20, ils détiennent 200 000 actions en couverture. L'action monte à 55 $ et le delta passe à 0,50 : il leur en faut 500 000, ils en achètent 300 000. À 60 $, le delta atteint 0,80 : il leur en faut 800 000, ils en achètent encore 300 000.

Au total, 600 000 actions achetées pour la seule couverture, environ 33 millions de dollars (300 000 × 52,50 $ en moyenne, puis 300 000 × 57,50 $). Si l'action échange 2 millions de titres par jour, ces achats représentent 30 % du volume quotidien.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un gamma squeeze et un short squeeze ?

Le short squeeze vient des vendeurs à découvert d'actions, obligés de racheter quand le prix monte pour couper leurs pertes. Le gamma squeeze vient des dealers d'options, obligés d'acheter le sous-jacent pour couvrir les calls qu'ils ont vendus. Les deux produisent des achats forcés dans la hausse, et ils peuvent se combiner, comme sur GameStop en janvier 2021.

Peut-on anticiper un gamma squeeze ?

On peut repérer les conditions, pas le déclenchement. Les signes habituels : des volumes de calls très supérieurs à la normale, de l'open interest qui gonfle sur des strikes proches du prix, une volatilité implicite des calls qui grimpe, et une action peu liquide. Même réunies, ces conditions ne garantissent rien : beaucoup de configurations prometteuses ne décollent jamais.

Un gamma squeeze peut-il se produire à la baisse ?

Oui, par le mécanisme inverse. Quand les dealers ont vendu beaucoup de puts, la baisse du prix augmente le delta de ces puts, et ils doivent vendre le sous-jacent pour rester couverts. Ces ventes accentuent la baisse. Sur les indices, c'est l'une des raisons pour lesquelles les marchés en gamma négatif peuvent connaître des baisses rapides.

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